Expériences de traduction ...
Blog de Michel Politis, Professeur au Département de Langues Étrangères, de Traduction et d'Interprétation de l'Université ionienne (Corfou - Grèce)

Τρίτη, 18 Ιουλίου 2017

Διεθνές Συνέδριο: NOUVELLES TENDANCES DANS LA THÉORIE ET LA PRATIQUE DE LA TRADUCTION, DE LA TERMINOLOGIE ET DE L’INTERPRÉTATION DE CONFÉRENCE, 27 octobre 2017

NOUVELLES TENDANCES DANS LA THÉORIE ET LA PRATIQUE DE LA
TRADUCTION, DE LA TERMINOLOGIE ET DE L’INTERPRÉTATION DE
CONFÉRENCE
XVII e édition
27 octobre 2017, Cluj-Napoca (Roumanie)
Date limite: 1er septembre 2017

Le Département des Langues Modernes Appliquées et le Centre pour les Industries de la Langue vous
invitent à participer vendredi, le 27 octobre 2017, à l’occasion de la rentrée du Mastère Européen de Traductologie-Terminologie (METT) et du Mastère Européen d’Interprétation de Conférence (MEIC), à la XVIIe édition de leur Colloque international qui sera dédié cette année aux nouvelles découvertes dans les domaines de la recherche, de la théorie et de la pratique de la traduction ainsi que dans les domaines connexes.

Moment de réflexion et d’échange de bonnes pratiques dans le domaine de la traduction, de la terminologie et de l’interprétation de conférences, notre colloque s’inscrit dans la série des manifestations qui marquent les dix années depuis l’intégration de la langue roumaine comme langue officielle de l’Union européenne et vous propose de débattre les sujets suivants :
  • théories et paradigmes de la traduction ;
  • études diachroniques ;
  • pédagogies spécifiques ;
  • le marché du travail et les métiers émergeants (la traduction pour les maisons d’édition, la révision traductologique et terminologique, la publication assistée par ordinateur, le management des projets traductologiques et terminologiques) ;
  • les nouvelles technologies ;
  • nouvelles tendances conceptuelles ;
  • études interdisciplinaires ;
  • exemples de bonnes pratiques.

Nous nous adressons aux enseignants, aux spécialistes, aux doctorants et aux étudiants, mais aussi aux professionnels du domaine des traductions ainsi qu’à tous ceux qui veulent faire connaître leur recherche ou leur expérience traductologique dans le domaine littéraire et non-littéraire.

Nous nous proposons, d’une part, de contribuer à la création d’un climat d’effervescence scientifique, et, d’autre part, au rapprochement collaboratif, à l’échange d’idées et de bonnes pratiques entre les spécialistes des diverses universités et les professionnels du marché des traductions.
 
Lieu de l’événement : salle de conférences de l’Hôtel Universitas, no. 7, rue Pandurilor, Cluj-Napoca.

Langues de communication : anglais, français, espagnol, italien et roumain (service d’interprétation
assuré).

Publication : Les textes retenus par le comité de lecture seront publiés dans RIELMA (Revue Internationale d’Études en Langues Modernes Appliquées / International Review of Studies in Applied Modern Languages), revue enregistrée dans la base de données internationale CEEOL. En vue de la publication, les textes seront rédigés en anglais, français, allemand, espagnol, italien, portugais ou russe et envoyés à l’adresse colocviulma@yahoo.com, accompagnés d’un résumé, de 5 mots-clés et d’une notice bio-bibliographique de l’auteur.

Informations pratiques : Les frais de participation (150 RON, soit à-peu-près 30 €) seront payés à l’arrivée.
Les frais de transport et de séjour (repas et hébergement, à l’exception du déjeuner le jour du colloque) seront à la charge des participants. Le comité d’organisation enverra en temps utile, par e-mail, des informations concernant les meilleurs tarifs d’hébergement à Cluj-Napoca, ainsi qu’un lien utile pour le téléchargement direct du formulaire d’inscription depuis le site du Centre pour les Industries de la Langue.

Calendrier :
1 septembre 2017 : titre et résumé de l’intervention (maximum 300 mots) ; 15 septembre 2017 :
confirmation de l’acceptation ; 1 avril 2018 : envoi du texte intégral pour la publication.

COMITÉ SCIENTIFIQUE :
Martine STIRLING, Université de Nantes
Joëlle POPINEAU, Université François Rabelais de Tours
Alberto GASPARINI, Università degli Studi di Trieste
Carmela LISTA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Elena PÂRVU, Université de Craiova
Silvia IRIMIEA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Olivia PETRESCU, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Liana MUTHU, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Cristina VARGA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Adina CORNEA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Gabriel MARIAN, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Anamaria MILONEAN, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca

COMITÉ D’ORGANISATION :
Silvia IRIMIEA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Liana MUTHU, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Cristina VARGA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Adina CORNEA, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Gabriel MARIAN, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Anamaria MILONEAN, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Timea FERENCZ, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca
Cornelia MOLDOVEAN, Université Babeș-Bolyai, Cluj-Napoca

Πέμπτη, 29 Ιουνίου 2017

Appel à communications¨. Congrès international TRANSLATA III " La traductologie, qu'est-ce que c'est ? Quelle est sa mission ? ", Institut de Traductologie (INTRAWI) de l'Université d'Innsbruck 7-9 décembre 2017


Appel à communications
Congrès international

TRANSLATA III
" La traductologie, qu'est-ce que c'est ? Quelle est sa mission ? "

Institut de Traductologie (INTRAWI) de l'Université d'Innsbruck
7-9 décembre 2017

Site internet



TRANSLATA est organisé tous les trois ans et fait partie des plus grands congrès en traductologie. Sa troisième édition aura lieu en 2017 et pose à ses participant(e)s la question " La traductologie, qu'est-ce que c'est ? Quelle est sa mission ? " (titre original : „ Was ist und was soll Translationswissenschaft? “). Elle se veut un forum de discussion et d'échange pour tous ceux dont le travail s'inscrit dans le cadre de la traductologie, soit en théorie, en pratique, en didactique ou bien dans le cadre d'une activité professionnelle et commerciale. Elle permet d’aborder dans une discussion ouverte les questions et problèmes actuels de la traductologie à tous les niveaux, dans tous ses domaines et dans le cadre d'une réflexion scientifique. En partant de la question clé posée en 2017 et mentionnée en haut, Translata III s'organise autour de différentes thématiques :
  • la théorie de la traductologie et l’analyse du processus de la traduction/de l'interprétariat (ainsi que nouvelles approches de recherche, par exemple des approches quantitatives ou empiriques, basées sur des statistiques, etc.)
  • les approches interdisciplinaires de recherche en traductologie
  • les nouvelles approches linguistiques (linguistique informatique, linguistique des corpus, modèles probabilistes, etc.) et la traductologie
  • la compétence des traducteurs et des interprètes
  • la notion de qualité et la critique en traductologie
  • la didactique en traductologie
  • le marché et la vie professionnelle : nouvelles évolutions et leurs conséquences pour la formation
  • la traduction technique et la terminologie
  • la traduction automatique
  • la traductologie et les humanités numériques
  • la localisation et la traduction de sites web
  • les nouvelles technologies en traduction / interprétariat
  • la traduction littéraire
  • la traduction audiovisuelle, la traduction de films
  • l'interprétariat de conférence (sim/cons)
  • l'interprétariat communautaire
  • etc.
Propositions
Les propositions (300 mots sans références) sont à déposer en ligne sur www.translata.info/registration 

Interventions
Les interventions dureront 20 minutes chacune et seront suivies de discussions de 10 minutes.

Langues de travail
Langue principale : allemand
Autres langues admises : français, anglais, espagnol, italien, russe

Publication
Les articles issus du colloque, sous réserve d’acceptation par le comité scientifique, feront l’objet d’une publication.

Calendrier
Date limite de soumission : 15 juillet 2017
Notification aux intervenant(e)s : 31 juillet 2017

Frais de participation
Jusqu’au 31 août 2017 : 80 euros
Jusqu’au 31 octobre 2017 : 100 euros
Pour les étudiants/doctorant(e)s : 50 euros

Les frais de participation comprennent de la documentation (programme, liste des participants, catalogue des propositions), une petite restauration pendant les pauses (café, thé, jus de fruit, biscuits), une visite guidée de la ville, etc.


Conférencières/-ers invité(e)s
Prof. Michaela Albl-Mikasa:
„A changing profession and emerging subdiscipline. Interpreting and Translation and the impact of English as a lingua franca (ELF)"
Prof. Anette Djurovic:
„Qualitätsoptimierung mit Partikeln – grammatische und pragmatische Aspekte des Audiovisuellen Übersetzens“
Prof. Pius ten Hacken:
„Language and Translation“
PD Dr. phil. habil. Holger Siever:
„Ein Vorschlag für eine komplexe Translationstheorie“
Prof. emeritus Lew N. Zybatow:
„Was ist und was soll Translationswissenschaft und wofür steht die Konferenz TRANSLATA?“

Comité scientifique
Section internationale : les noms des membres seront communiqués d'ici peu.
Section Innsbruck : Erica Autelli, Maria Koliopoulou, Martina Mayer, Alena Petrova, Peter Sandrini, Astrid Schmidhofer,  Andy Stauder, Pius ten Hacken, Michael Ustaszewski, Katharina Walter, Lew Zybatow 

Comité d'organisation
Daria Fuchshuber-Weber, Lisa Lanthaler, Annabell Marinell, Alena Petrova, Sandra Reiter, Peter Sandrini, Andreas Schumacher, Beate Steinhauser

Τρίτη, 20 Ιουνίου 2017

Le traducteur en tant qu’entité cognitive (MIchel Politis)

Selon les théories «classiques», le traducteur n’est qu’un passeur de sens, un intermédiaire, intervenant dans le cadre d’un acte de communication par écrit entre personnes allophones. Ces dernières années, grâce aux progrès de la psychologie cognitive et de la collaboration entre traductologues et cognitivistes, s’est formé progressivement en Traductologie un courant qui aborde le traducteur non seulement comme un passeur de sens, mais aussi comme une entité cognitive, c’est-à-dire un être humain qui met ses facultés cognitives au service de la communication multilingue.


Cette approche a enrichi la pensée traductologique en tentant de dévoiler des aspects jusqu’ici «cachés» ou «obscurs» du sujet traducteur lorsqu’il traduit, allant de ce qu’il extériorise lorsqu’on lui demande de verbaliser sa pensée à ce qui se passe dans son cerveau, dans son âme. Ainsi, les premières tentatives ont visé à comprendre ce qui se passe dans la tête du sujet traducteur en appliquant des méthodes de la psychologie cognitive, telles que la méthode du Think Aloud Protocol (TAP) et plus tard des méthodes plus «sophistiquées», comme celle appliquée lors d’une expérimentation réalisée par Alexandra Kosma à l’Université de Caen (1), qui a permis l’étude du fonctionnement spécifique de la mémoire de travail lors de l’opération traduisante en utilisant comme référence de base le modèle de la mémoire de travail proposé par Baddeley et comme outil principal un système d’eye-tracking (2).
Dans cette courte note, nous nous limiterons à une présentation très schématique du fonctionnement, selon approche cognitiviste, du système mnésique lors de l’acte de traduction. En effet, le système mnésique du traducteur joue un rôle primordial lors du traitement des informations contenues dans le texte à traduire. Lors de la lecture du texte à traduire le système oculaire du traducteur capte les informations exposées sur le papier ou sur l’écran, qui passent alors par le «registre sensoriel» dans son système mnésique, où elles font l’objet d’un traitement spécifique. Une fois dans le système mnésique, ces informations sont traitées dans la mémoire de travail, un sous-système mnésique qui joue un rôle fondamental, en vue de produire la traduction de ce passage. La pièce maîtresse de ce sous-système est, selon Baddeley, l’«administrateur central» qui est responsable de la gestion de toutes ces informations. Pour la réalisation de la traduction d’un passage, la mémoire de travail fait appel aux informations issues du texte à traduire et à celles déjà stockées dans la mémoire à long terme (3). Ces dernières peuvent être de nature linguistique mais aussi de nature procédurale, fruit de l’entraînement, de l’expérience, voire de l’expertise du traducteur. Si celles-ci sont insuffisantes pour la production de la traduction demandée, le traducteur fait appel à des informations extrinsèques, issues d’une recherche terminologique ou documentaire, voire de la consultation d’experts.
La réalisation de ce traitement suppose la mobilisation de plusieurs ressources cognitives du sujet traducteur, car il s’agit d’un processus qui requiert une multitude de prises de décisions, en fonction des éléments contenus explicitement ou implicitement dans le texte à traduire, de la situation de communication dans laquelle s’insère l’acte traductionnel, du bagage cognitif du traducteur, etc. Parfois ces décisions sont également influencées par la réaction émotive du traducteur provoquée par la lecture du texte à traduire (5). Ce genre de réactions ne se limitent pas aux textes littéraires, mais peuvent également se manifester lors de la traduction d’autres types de textes à forte connotation émotive.
Plusieurs travaux ont été consacrés aux différents types de lecteurs et de lectures lors de l’acte de traduction. Chaque traducteur, en fonction de son bagage cognitif, de son expérience spécifique et de son état physique et émotionnel adopte des stratégies de lecture différentes, qui dépendent des fonctions que cette lecture doit accomplir. Freddie Plassard, dans son ouvrage Lire pour traduire (6), met en exergue les différents types de lectures adoptées par le traducteur, selon qu’il lit pour comprendre ou pour analyser le texte à traduire, pour consulter des sources de documentation, pour vérifier sa traduction, etc.
Les recherches se poursuivent soit en approfondissant des domaines en cours d’étude, soit en explorant des domaines nouveaux faisant appel à des disciplines jusqu’ici peu exploitées par la Traductologie, comme les neurosciences. Dans le cas de ces dernières, nous en sommes au tout début, mais (et?) personne ne peut prédire l’avenir…

Written by Michel Politis, Associate Professor. He has been teaching since 1988 at the Department of Foreign Languages, Translation and Interpreting of the Ionian University. His expertise lies in the areas of political and legal and economic translation, as well as cognition and translation. From 2000 to 2003 and from 2006 till nowadays he is the director of the Laboratory for Legal, Economic, Political and Technical Translation of the Ionian University. From 2003 to 2010 he was the director of the joint master in Sciences de la Traduction – Traductologie et Sciences cognitive (collaboration between the Ionian University and the University of Caen Basse-Normandie, France). For his contribution to the advancement of the academic cooperation between Greece and France he was awarded in 2003 the Academic Palms (Knight) by the President of France and in 2014 the Academic Palms (Officer). He has published widely on specialized translation and he has also guest-edited an issue of META on cognition and translation.
Post edited by  Katerina PalamiotiTranslator, Social Media and Content Manager, Communication Trainee and Foodie at the Terminology Coordination Unit of the European Parliament.
Sources:
  • (1) Dans le cadre du master conjoint « Sciences de la Traduction – Traductologie et Sciences cognitives» (collaboration de l’Université de Caen et de l’Université ionienne).
  • (2) Kosma Alexandra (2007) « Le fonctionnement spécifique de la mémoire de travail en traduction » META, vol. 52-1, Montréal, Presses de l’Université de Montréal
  • (3) Petit Laurent (2006) La mémoire, Collection « Que sais-je ? », n° 350, Paris, Presses Universitaires de France
  • (4) Politis Michel (2007) «L’apport de la psychologie cognitive à la didactique de la traduction», META, vol. 52-1, Montréal, Presses de l’Université de Montréal
  • (5) Durieux Christine (2007) « L’opération traduisante entre raison et émotion », META, vol. 52-1, Montréal, Presses de l’Université de Montréal
  • (6) Plassard Freddie (2007) Lire pour traduire, Paris, Les Presses de la Sorbonne Nouvelle
Source:  http://termcoord.eu/2017/05/le-traducteur-en-tant-quentite-cognitive/

Τρίτη, 23 Μαΐου 2017

Εκδήλωση (30-5-2017): "Μετά το ΤΞΓΜΔ: Προοπτικές απασχόλησης, ρόλοι και επαγγελματικά δικαιώματα" (Οργάνωση ΕΝΟΠΟΤΕΜ σε συνεργασία με την ΠΕΕΜΠΙΠ)

 
Το ΕΝΟΠΟΤΕΜ (Εργαστήριο Νομικής, Οικονομικής, Πολιτικής και Τεχνικής Μετάφρασης) του ΤΞΓΜΔ του Ιονίου Πανεπιστημίου
 

σε συνεργασία με 

την ΠΕΕΜΠΙΠ (Πανελλήνια Ένωσης Επαγγελματιών Μεταφραστών Πτυχιούχων Ιονίου Πανεπιστημίου)





διοργανώνει την  
Τρίτη 30 Μαΐου 2017, ώρα 11:00, 
εκδήλωση με τίτλο: 


"Μετά το ΤΞΓΜΔ: Προοπτικές απασχόλησης, ρόλοι και επαγγελματικά δικαιώματα"

Ομιλητές:  
Δήμητρα Σταφυλιά, Μαρία Λερίδη και Νίκος Κάτρης
Τόπος: Κτήριο Ασκληπιός, Αίθουσα Α3

Είσοδος ελεύθερη 

Υλικό στη διάθεση των ενδιαφερομένων:







 

Δευτέρα, 22 Μαΐου 2017

Παρουσίαση της μετάφρασης του "Ημερολογίου" του Στρατάρχη Σούλενμπουργκ στην Αναγνωστική Εταιρία Κέρκυρας

 Παρουσίαση της μετάφρασης του "Ημερολογίου"
 του Στρατάρχη Σούλενμπουργκ, η οποία πραγματοποιήθηκε στην Αίθουσα Εκδηλώσεων της Αναγνωστικής Εταιρείας Κερκύρας στις 3-5-2017 (Βίντεο της εκδήλωσης)

Μεταφραστές:
Λεωνίδας Κόλλας και Μιχάλης Πολίτης

Ομιλητές:
Νίκος Κουρκουμέλης, Σπύρος Γαούτσης και
Μαρίνα Παπασωτηρίου

Στο βίντεο παρεμβαίνουν:
Σπύρος Γιούργας: 00:00
Κάτια Καλούδη: 02:55
Ρωξάνη Μάνου: 03:25 (χορηγός έκδοσης, προσφορά αντιτύπων στην Αναγνωστική Εταιρεία Κερκύρας)
Κάτια Καλούδη: 05:57 (παρουσίαση μεταφραστών)
Κάτια Καλούδη : 09:35 (παρουσίαση ομιλητών κ.κ. Νίκου Κουρκουμέλη, Σπύρου Γαούτση, Μαρίνας Παπασωτηρίου)
Νίκος Κουρκουμέλης: 11:05
Σπύρος Γαούτσης:31:40
Μαρίνα Παπασωτηρίου: 45:53
Λεωνίδας Κόλλας: 58:20
Μιχάλης Πολίτης: 1:01:48

Χορηγός έκδοσης: Ρωξάνη Μάνου
Έκδοση: Σωματείο Φίλοι Ιδρύματος Μνήμη Αλμπέρ Κοέν

https://www.youtube.com/watch?v=e5lKz_mgWBE&list=PLafGOuF6PYBPmA9SchAJ-KFYr-IGvlxOc&index=8

Κυριακή, 21 Μαΐου 2017

PRIX DANICA SELESKOVITCH 2018 APPEL À CANDIDATURES

PRIX DANICA SELESKOVITCH  2018
 APPEL À CANDIDATURES


            Le Prix Danica Seleskovitch sera décerné en 2018 pour la douzième fois par l’Association Danica Seleskovitch.
            Ce prix, créé en 1991 pour perpétuer l’œuvre et les travaux de Danica Seleskovitch, récompense des professionnels, interprètes ou traductologues.
            Pour qu'il joue pleinement son rôle, nous avons besoin de vous.
            C'est en effet à vous qu'il incombe de proposer des candidats pour ce prix, dont l'objet est :
de distinguer une personnalité ayant rendu d'éminents services à la profession d'interprète de conférence ou ayant fait un travail original de recherche en traductologie.
            Si vous avez connaissance de collègues qui vous semblent répondre à ces critères et mériter cette distinction, nous comptons sur vous pour nous suggérer leur candidature, et vous en remercions par avance.
            Les candidatures pour le Prix 2018 doivent parvenir à l'Association avant fin juillet 2017 ; le Prix sera décerné début 2018, au cours d'une cérémonie qui aura lieu à l'E.S.I.T., dans la salle dédiée à Danica Seleskovitch.
            Montant du Prix : 2 000 euros.
            Liste des lauréats :
1992
Walter Keiser
1994
Philippe Séro-Guillaume
1996
Gérard Ilg
1999
Jungwha Choi
2002
Marianne Lederer
2005
Jennifer Mackintosh et Christopher Thiéry
2007
Renée Van Hoof-Haferkamp
2009
Miriam Shlesinger
2012
Ingrid Kurz
2014
Christiane Driesen
2016
Myriam de Beaulieu



            Envoyer les propositions*, accompagnées d'un dossier circonstancié et de l'appui de collègues**, à l'adresse suivante :
 prix@danica-seleskovitch.org

Περισσότερες πληροφορίες:  http://www.prix-danica-seleskovitch.org/


* Si vous ne recevez pas d'accusé de réception suite à votre envoi, merci de le renouveler ou de contacter l'Association.
** Ne seront instruites que les candidatures accompagnées d'un dossier suffisamment étayé. L'usage veut qu'on ne propose pas sa propre candidature.

Παρασκευή, 12 Μαΐου 2017

Michel Politis, "L’apport de la psychologie cognitive à la didactique de la traduction", Revue META 52-1


Source: Revue Meta
Volume 52-1, p. 156–163 




Depuis quelques décennies, particulièrement depuis le colloque sur La compréhension du langage qui s’est tenu à Créteil en septembre 1980 (ESIT 1980), la psychologie cognitive apporte son savoir à la traductologie. Jusqu’alors la psychologie n’offrait pas les outils nécessaires pour étudier le processus de la traduction car l’approche behaviouriste, en vogue à l’époque, excluait de ses préoccupations toute étude de ce qui n’était pas scientifiquement observable. Les premières approches que nous pourrions considérer comme « cognitivistes » étaient celles inspirées de la théorie de la communication, de la cybernétique et de l’intelligence artificielle qui ont été conçues en vue d’être exploitées dans le cadre des projets de recherche en traduction automatique ou en TAO. Ce tournant vers la psychologie cognitive est le résultat de la prise de conscience du fait que les recherches dans le domaine de la traduction automatique ne pouvaient pas offrir une solution fiable aux besoins du marché de la traduction. Constatant cette impasse, un nombre croissant de traductologues a commencé à formuler des hypothèses selon lesquelles si nous arrivons à mieux connaître le mode de fonctionnement du cerveau du traducteur nous serons en mesure d’élaborer des cursus spécifiques permettant la formation de traducteurs plus performants et plus fiables. Au début, cet apport n’était que relatif, mais grâce au développement spectaculaire des sciences cognitives ces dernières années et à l’intensification des rapports entre traductologues et psychologues, nous assistons à une prise de conscience croissante du caractère cognitif de l’acte traductionnel. L’introduction de paramètres des sciences cognitives s’est effectuée dans un premier temps principalement par l’École interprétative qui considère le traducteur/interprète comme une entité cognitive qui a pour mission de faciliter la communication.

Une des premières tentatives expérimentales pour étudier le processus de la traduction a été celle qui consistait à appliquer la méthode du Think Aloud Protocol (TAP). L’expérience de Maurice Perginer (1980 : 425-458) a été suivie par d’autres, telles celles de Wolfgang Lörscher, de Hans-Peter Krings, de Julianne House, de Donald Charles Kiraly et de Paul Kussmaul. Cette méthode, bien qu’elle ait connu plusieurs critiques pour ses défaillances méthodologiques, a contribué à la prise de conscience que la « boîte-noire » des behaviouristes pouvait être ouverte et analysée. Nous devons également noter que certaines conclusions de ces recherches continuent à inspirer plusieurs formateurs de traducteurs. La principale critique formulée à l’égard de cette méthode est qu’elle n’implique pas nécessairement l’extériorisation de tout ce qui se passe dans le cerveau humain. Ceci résulte du fait que certains processus cognitifs ne sont pas perceptibles par l’introspection ou parce que entre le cerveau du traducteur et la description de ce qui s’y passe s’intercalent plusieurs « filtres », ce qui a comme conséquence la déformation de ce qui s’extériorise.

Malgré les difficultés et les contraintes d’ordre méthodologiques, plusieurs enseignants de traduction étudient les résultats des recherches en psychologie cognitive et intègrent à leurs recherches ainsi qu’à leur enseignement la dimension cognitive. Faisant partie de ce courant, nous avons introduit à nos cours d’initiation à la traduction et de traduction économique, juridique et politique cette dimension. Dans notre communication nous avons l’intention de présenter quelques réflexions concernant certains domaines de la didactique de la traduction qui, selon nous, pourraient faire l’objet de projets de recherche pluridisciplinaires. Nous devons auparavant clarifier certaines notions clés de notre exposé, le champ de notre exposé. Lors des cours de traduction nous nous adressons à un public, à des apprentis traducteurs à qui nous transmettons un savoir sous forme de notions de traductologie et un savoir-faire. Or, existe-t-il un apprenti traducteur type à qui nous inculquons les notions de traductologie et à qui nous lui transmettons notre savoir-faire ? Certainement pas, car les systèmes de sélection appliqués dans les différents pays ne permettent pas de minimiser les écarts au niveau des compétences afin d’aboutir à des auditoires plus ou moins homogènes. Étant donné que les systèmes de sélection varient selon les pays et même selon les universités, nous devons être prudents lors de la formulation d’hypothèses ou d’affirmations dans le domaine de la didactique de la traduction. Si l’apprenti traducteur type ou l’auditoire d’apprentis traducteurs types n’existent pas, faut-il se pencher sur eux pour mieux les connaître en tant qu’entités cognitives ? À notre avis, la réponse doit être à priori positive dans la mesure où la connaissance des qualités cognitives des apprentis traducteurs nous permet de mieux les comprendre et ainsi d’organiser un enseignement plus personnalisé. Nous devons, cependant, tenir compte non seulement des limites de la psychologie cognitive, mais aussi des contraintes imposées par le caractère collectif de l’enseignement. La psychologie cognitive peut donc apporter un soutien certain à l’enseignant de la traduction, comme c’est le cas pour la didactique de toutes les matières enseignées au primaire, au secondaire ou au niveau universitaire.

Cet apport peut porter sur deux axes : celui du développement des aptitudes cognitives des apprentis traducteurs et celui de leur prise de conscience de la dimension métacognitive du processus traductionnel. Le développement des aptitudes cognitives des apprentis traducteurs peut s’effectuer en enrichissant les cours de traduction avec des exercices spécifiques en fonction de leur niveau et en fonction d’objectifs précis d’ordre quantitatif ou qualitatif. La prise de conscience de la dimension métacognitive du processus traductionnel peut se réaliser dans le cadre d’un cours de psychologie cognitive et par des références spécifiques lors des cours de traduction. Elle peut consister, d’une part, à aider les apprentis à prendre conscience des aptitudes, des stratégies et des ressources nécessaires pour la réalisation d’une traduction, et, d’autre part, à les aider à prendre conscience des mécanismes cognitifs leur permettant de réguler, de contrôler, de coordonner leur comportement cognitif lors de l’acte traductionnel.

Étant donné que le champ est encore peu exploré, nous devons soutenir des projets de recherche qui auront comme objet d’étude le processus même de la traduction, en le considérant à la fois comme un processus cognitif mais aussi comme une « situation-problème » qui doit être résolue en adoptant une stratégie de résolution et des choix ponctuels. Il s’agit donc d’un processus qui requiert des prises de décisions en fonction des éléments contenus explicitement ou implicitement dans le texte à traduire, de la situation de communication dans laquelle s’insère l’acte traductionnel, et du bagage cognitif des traducteurs. L’approche envisagée ne peut être que pluridisciplinaire, car elle suppose la collaboration de spécialistes en traductologie, en psychologie cognitive, en neuropsychologie, etc. Ces recherches pourraient conduire à une éventuelle reconsidération des cursus des écoles de traduction ainsi que des méthodes d’enseignement de cette discipline en vue d’améliorer la fiabilité et la performance cognitives des traducteurs.

Une activité cognitive qui s’avère très importante lors de la traduction, tant au niveau de la saisie du sens qu’au niveau du contrôle du texte produit par le traducteur, est celle de la lecture. Apparemment, étant donné que les objectifs de ces deux types de lectures divergent, le traducteur adopte des stratégies de lecture différentes. L’étude de ces stratégies est un domaine qui pourrait fournir des informations très intéressantes, surtout pour les formateurs de traducteurs. Les recherches dans ce domaine doivent envisager la lecture à la fois comme une activité oculomotrice et une activité cognitive, dans la mesure où il est généralement admis que les mouvements oculaires d’une personne dans une tâche visuelle reflètent en grande partie les processus cognitifs mis en oeuvre durant cette activité, et comme une activité cognitive, dans la mesure où elle constitue le moyen par lequel le lecteur perçoit les informations contenues dans le texte qu’il traitera au sein de son système mnésique.

En tant qu’activité oculomotrice la lecture est intéressante car, comme Alexandra Kosma l’a démontré (Kosma 2005), le lecteur-traducteur adopte des stratégies de lecture différentes par rapport au simple lecteur, car, selon toutes les apparences, il adopte des stratégies qui vont lui permettre de préparer la reformulation du sens de l’énoncé. Selon Kosma, ces stratégies se différencient en fonction du type de texte à traduire, de l’expertise du traducteur, etc. Ainsi, elle remarque que les sujets qui font une traduction dite « mot à mot » en ne cherchant que des correspondances de mots et de sens, ont un processus oculaire quasi linéaire, alors que les sujets qui optent pour une stratégie plus synthétique et appliquent l’approche proposée par la théorie interprétative ont un parcours plus exploratoire. Si les stratégies de lecture se différencient donc en fonction de ces paramètres, pouvons-nous formuler certaines conclusions, et à partir de celles-ci, proposer des exercices qui accroîtront les performances des apprentis traducteurs sans porter préjudice à la qualité du sens saisi ?

Il nous semble que la psychologie cognitive peut apporter également son savoir dans une étape bien particulière de la traduction, à savoir celle de la lecture du texte produit par le traducteur en vue de vérifier ses choix traductionnels. Lorsque nous lisons une traduction réalisée par un tiers, il est facile d’adopter une attitude neutre et objective à l’égard de cette oeuvre, mais lorsque nous sommes face à notre propre traduction, la distanciation par rapport à elle n’est pas évidente. Ceci est beaucoup plus difficile pour l’apprenti traducteur car ses interprétations antérieures, mêmes si elles sont fausses, continuent à être présentes dans sa conscience ou dans son inconscient et interfèrent à chaque tentative d’une nouvelle interprétation. Pour arriver à cette distanciation, l’apprenti traducteur doit apprendre à procéder à une forme de dédoublement de sa personnalité ; oublier son oeuvre et la traiter comme celle d’une autre personne. Certaines erreurs ne se repèrent pas, même si elles devraient sauter aux yeux, car l’esprit colle sur les fausses interprétations. Dans certains cas, la conviction de la justesse de la première interprétation est telle que le traducteur, au lieu de procéder à une nouvelle interprétation en se détachant au maximum de son oeuvre, considère qu’il a traduit un texte « mal rédigé ». Ainsi, au lieu de vérifier sa première interprétation, il adapte ses choix qui suivent afin que son texte soit « cohérent », ce qui implique la production de contresens en chaîne.

Une activité mentale liée à la lecture et qui joue un rôle important dans toutes les étapes du processus traductionnel est celle de l’attention. Dans le cadre des recherches à effectuer, nous devons étudier la manière dont le traducteur gère ses ressources attentionnelles lors des différentes étapes de la traduction ou lors de la gestion de certains types de difficultés, car il semble que plusieurs types d’erreurs relèvent d’une mauvaise application de l’attention. De même, nous serons amenés à répondre à des questions telles que : de quelle manière l’attention influe-t-elle sur la fiabilité et les performances du traducteur, quels sont les effets de l’attention sur la charge mentale requise pour l’accomplissement de l’acte traductionnel, peut-on proposer des stratégies de régulation de l’attention en fonction du degré de difficulté traductionnelle, de la quantité du travail à effectuer, etc.

Une étape de l’acte traductionnel qui mérite également une étude particulière est celle de la reformulation du sens, car elle implique une forme singulière d’activité rédactionnelle. Le traducteur, bien qu’il soit contraint par le vouloir dire et le dit de l’auteur dont il traduit l’oeuvre, doit élaborer sa propre stratégie rédactionnelle en tenant compte des paramètres communicationnels qui régissent l’acte traductionnel. La rédaction de la traduction peut être considérée comme un problème qui requiert une solution, comme une série de prises de décisions. Elle doit être également considérée comme objet d’une approche relevant à la fois de l’ergonomie et de la psychologie cognitive, dans la mesure où la rédaction de la traduction suppose une organisation particulière du « bureau » du traducteur de sorte qu’il puisse optimiser son travail au moindre « coût cognitif ».

Un autre domaine vers lequel nous pensons que la recherche doit s’orienter est celui du fonctionnement du système mnésique des apprentis traducteurs. En acceptant l’approche d’Alan Baddeley concernant l’organisation et le fonctionnement du système mnésique, nous pouvons soutenir que l’essentiel du traitement des informations lors de l’acte traductionnel a lieu dans ce qu’il a appelé la « mémoire de travail ». Il s’agit d’un système qui est chargé de traiter les informations issues du milieu extérieur dans le cadre du processus de la perception, tout en exploitant les ressources cognitives du sujet contenues dans sa mémoire à long terme. Lors de la traduction, la mémoire de travail devrait traiter les informations contenues dans le texte à traduire, les informations extralinguistiques qui régissent ce texte ainsi que les informations pertinentes contenues dans la mémoire à long terme du traducteur que ce dernier mobilise en vue d’accomplir sa tâche.

Ce processus complexe implique l’élaboration d’une représentation mentale de l’énoncé et son traitement en vue de servir de base pour la reformulation du sens en tenant compte des normes de la langue d’arrivée. L’étude de l’élaboration des représentations mentales et de son traitement lors de la traduction nous fournira des informations d’un grand intérêt car elle éclaircira le processus de la compréhension du sens et de sa reformulation.

Cette mémoire, bien qu’elle ne soit pas un système souple, permet d’envisager l’élaboration de stratégies plus efficaces du point de vue qualificatif en vue d’améliorer ses performances. L’expérience dans l’enseignement de la traduction nous montre que les étudiants, en fonction de leur niveau, de leur expérience, mais aussi de leur empan mnésique peuvent traiter un volume et une qualité d’informations différents. Pour ce faire, ils adoptent des stratégies de traitement différentes. Il suffit de donner à un étudiant de première année un texte contenant plusieurs points qui représentent des « difficultés » pour un apprenti traducteur pour constater qu’il peine énormément pour maîtriser l’ensemble des informations explicites ou implicites du texte qu’il a à traduire. Si, par exemple, nous lui donnons à traduire une phrase longue, contenant une ou deux subordonnées, une ou deux locutions non connues et une ou deux notions abstraites, sans lui offrir une aide extérieure, nous constaterons qu’une fois concentré sur l’interprétation du troisième ou du quatrième point «difficile», il reviendra au premier point car sa mémoire de travail aura besoin d’un soutien, d’un coup de pouce, pour réaliser le traitement de l’ensemble des informations. Il s’agit d’une « défaillance » relative de la mémoire de travail qui se corrige au fur et à mesure, essentiellement par un travail personnel. En fait, l’apprenti traducteur est appelé à traiter parallèlement plusieurs informations supposant des degrés de concentration différents. La concentration sur l’un de ces problèmes implique une difficulté pour garder en mémoire de travail des informations issues des traitements précédents. Pour y arriver, l’apprenti traducteur doit s’appliquer à accomplir parallèlement au moins deux tâches cognitives distinctes, à savoir la prospection du sens d’un fragment de l’énoncé tout en gardant en mémoire active, par des procédés mnémoniques particuliers, les informations issues des traitements ultérieurs.

Le traitement simultané et combiné de plusieurs informations est la source du phénomène de la surcharge mentale qui, à partir d’un certain moment, entrave ou empêche le traitement efficace des informations en mémoire de travail lors de la traduction. Le but des recherches dans ce domaine devrait consister à étudier ce phénomène et, en fonction des résultats, proposer aux apprentis traducteurs des exercices leur permettant de mieux gérer leurs ressources cognitives requises. Ces exercices viseront également à l’amélioration de leurs performances telles que la quantité d’informations traitées par unité de temps, la qualité du traitement effectué, la quantité et la qualité d’informations extraites de la mémoire à long terme, etc.

La référence à la charge mentale requise et à son rapport avec les « difficultés » lors du traitement des informations en traduction nous amène à la notion du degré de difficulté traductionnelle. Selon Eleni Sella et Fridériki Batsalia, dans leur approche linguistique de cette notion, le degré de difficulté traductionnelle d’une unité de traduction dépend du nombre de « déplacements » obligatoires des éléments morphosyntaxiques, sémantiques, lexicologiques et pragmatologiques du texte de départ, de leur position initiale à un autre point d’une échelle idéelle commune des systèmes de la langue de départ et de la langue d’arrivée. Bien qu’à priori cette approche soit linguistique, elles ajoutent à leur modèle une dimension qui relève plutôt des sciences cognitives que de la linguistique classique, à savoir un paramètre qui exprime le niveau d’interprétation requis. Elles en distinguent trois niveaux : les niveaux d’interprétation 0, 1 et 2.

Dans une approche cognitive, nous aurons tendance à formuler l’hypothèse que le degré de difficulté traductionnelle devrait dépendre en principe de la difficulté à élaborer la représentation mentale de l’énoncé, de la difficulté de son traitement et de la charge mentale exigée par le traducteur en vue de réaliser son oeuvre. Cette charge ne devrait pas dépendre uniquement des informations explicites ou implicites contenues dans le texte, mais aussi des facteurs cognitifs, tels que les capacités de traitement de la mémoire de travail du traducteur, de son bagage cognitif, de son expérience en la matière, etc.

Un sujet qui peut être également étudié dans le cadre des études concernant la mémoire de travail en traduction écrite est celui du rôle des niveaux multiples de traitement des informations, mais aussi du rôle du traitement différé des informations lors de la traduction. Il s’agit du phénomène d’incubation, qui, certaines fois, permet au traducteur de saisir correctement l’intégralité du sens du texte qu’il traduit, non plus au moment du traitement conscient des informations qu’il a sous les yeux, mais à un moment différé. C’est ainsi que nous pourrions expliquer le phénomène de révision intégrale ou partielle d’une grande partie de leur traduction chez certains apprentis traducteurs.

Nos investigations ne doivent pas se limiter au domaine de la mémoire de travail, mais elles doivent s’étendre également à la mémoire à long terme, et plus particulièrement à la mémoire déclarative. Ce qui nous intéresse particulièrement est la manière dont sont organisées et peuvent être exploitées les représentations sémantiques ou épisodiques susceptibles d’être traitées lors de l’acte traductionnel. Dans le cadre de ces recherches, nous pourrions même étudier si dans l’acte traductionnel existent des procédés cognitifs qui par l’exercice et la surformation atteignent un degré d’automatisme, ce qui pourrait impliquer un amoindrissement de la charge mentale requise pour effectuer une traduction. Si ceci s’avère véridique, nous pourrions proposer aux étudiants des exercices spécifiques leur permettant le développement de ces automatismes.

Si l’on tient compte des domaines de coopération des traductologues et des spécialistes en psychologie cognitive ainsi que des défis lancés, il ne serait pas sans fondement de prétendre que nous entrons dans une nouvelle phase de maturité de cette coopération. Les résultats attendus offriront aux enseignants de traduction des outils précieux pour enrichir leurs cours en vue de former des traducteurs plus fiables et plus performants.


Parties annexes